La langue et l'embouchure de cornet et buggle
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ne classe de clarinette, par M. Elosé ;
Une classe de cor ordinaire, par M. Mohr ;
Une classe de basson, par M. •Cokken ;
Une classe de trompette, par M. Dauverné aîné ;
Une classe de trombone, par M. Dieppo.
A ces classes, il faut joindre celles des élèves militaires, qui sont aujourd'hui annexées au Conservatoire.
Il y a , pour les élèves militaires, une classe de cornet à six pistons indépendants, dirigée par M. Forestier ;
Une classe de saxophone ( pour la famille entière de cet instrument), est professée par M. Adolphe Sax, l'inventeur du saxophone ;
Et une classe de saxhorn, faite par M. Arban,
Les élèves militaires jouissent en outre, au Conservatoire, do deux cours de solfége, faits par MM. Napoléon Alkan et Émile Durand, et de
ET. LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 324
deux classes d'harmonie et de composition, dirigées par MM. François Bazin el, Émile Jonas.
Ton tes ces classes, civiles ou militaires,sont faites par des professes rs titulaires ; elles comportent huit élèves au plus et deux élèves auditeurs.
Mais il est rare que la classe de basson et les classes de cor soient complètes. La classe de basson, par exemple, ne compte en ce moment que quatre élèves.
La classe de harpe est aussi très-souvent pauvre d'élèves, malgré tout le talent et le zèle du professeur qui la dirige, et les efforts du directeur du Conservatoire pour encourager l'étude de cet instrument, si éminemment utile dans les orchestres, et qu'on délaisse à tort.
Il existe; en outre, au Conservatoire une classe d'ensemble instrumental , avec des programmes combinés de manière à ce que les élèves des classes de piano , de harpe , d'instruments à archet et à vent y participent également. M. Baillot est le professeur titulaire de cette classe. -
L'harmonie est enseignée dans six classes : deux de ces classes ont pour unique objet l'harmonie écrite. Elles sont faites pour les hommes exclusivement, et tenues par des professeurs titulaires : MM. Antony Eh:vert et Savard. Ces classes comportent chacune, au plus, douze élèves et quatre auditeurs, ou plutôt quatre voyants: car les leçons d'harmonie écrite se voient et ne s'exécutent point , ou s'exécutent rarement au piano. Deux autres classes, créées pour les hommes, ont pour objet, avec l'harmonie écritc,faccompagnement au piano de la graude partition d'orchestre. Le professeur titulaire (le l'une de ces classes est M. François Bazin ; l'autre est dirigée par M. Duprat° , professeur agrégé. Comme dans les classes précédentes, huit élèves au plus et quatre élèves auditeurs sont admis au cours d'harmonie. et d'accompagnement. Deux autres classes d'harmonie écrite et d'accompagnement sont réservées aux femmes, ayant le même nombre d'élèves et d'auditeurs. L'une de ces deux classes est faite par un professeur titulaire, M. Eugène Gautier; l'autre par un professeur agrégé, M'm Dufresne.
Les cours d'harmonie simple et les cours d'harmonie et d'accompagnement doivent durer, pour chaque élève, trois ans au plus.
La classe 'd'orgne est tenue par un professeur titulaire, M. Benoist. Celte classe admet douze élèves et deux auditeurs.
LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
Après les études d'harmonie, les élèves passent dans les classes de haute composition. Ces classes, au nombre de quatre, sont professées par MM. Carafa, Ambroise Thomas, Henri Rober et Victor Massé.
Dans ces classes, les élèves, au nombre de douze et de quatre auditeurs pour chacune d'elles, divisent leurs études en deux catégories : le contre-point et la fugue, et la composition idéale.
L'enseignement est réglé, au Conservatoire, par le directeur, conformément aux délibérations des comités des études musicales et dramatiques.
Le comité des études musicales est composé de douze membres, dont neuf, y compris le directeur et le commissaire du gouvernement, appartiennent au Conservatoire; les trois autres membres sont choisis parmi les personnes étrangères à l'école, par le ministre, et, sur la proposition du directeur, dans les diverses spécialités de l'enseiguement.
L'étude de la déclamation spéciale comprend quatre classes , dirigées par desprofesseurs titulaires, qui sont actuel lementMM. Beauvallet, Régnier, Monrose et Bressant, sociétaires du Théâtre-Français. Chaque professeur de déclamation dramatique fait deux cours par semaine ; tous les élèves de déclamation sont tenus d'assister aux leçons de chaque professeur.
Les professeurs de musique, titulaires ou agrégés, sont obligés de donner trois leçons, de deux heures chacune, par semaine.
A côté de ces deux catégories de professeurs, il y a au Conservatoire, comme nous l'avarie dit plus haut, des répétiteurs nominés par le directeur, sur la proposition des professeurs auxquels ils doivent être attachés. Ces répétiteurs sont chargés, sous la direction des titu- ' laires, de donner l'enseignement préparatoire aux élèves admis dans les classes ; ils n'ont que des fonctions temporaires, dont le ternie, d'après le règlement toujours soumis aux exceptions, ne doit pan dépasser trois années.
N'oublions pas de dire que le comité des études dramatiques se compose du directeur, du commissaire du gouvernement, des professeurs des classes de déclamation , et de trois membres étrangers à l'établissement. Les commissaires du gouvernement près le TheatreFrançais et l'Odéon doivent également assister aux séances du comité des études.
Enfin, il y a ad Conservatoire un professeur d'escrime pour les élèves
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 353
des deux sexes qui se destinent au théâtre. Ce professeur est M. Jacob, et il a le titre de professeur titulaire
Pourquoi a—t—on supprimé le professeur de grammaire qui, jadis,, était attaché à notre école de musique et de déclamation? Il nous serait impossible d'en pénétrer la raison : car, si nous comprenons tous les services que peuvent rendre à beaucoup de jeunes artistes l'étude de la grammaire française, nous ne connaissons aucun des inconvénients qui ont pu entralner sa suppression au Conservatoire.
L'ignorance de certains artistes en dehors de leur art est vraiment déplorable. Nous pourrions citer des exécutants célèbres, des chanteurs aux appointements de Nabab, qui n'ont lu ni Racine, ni Corneille , ni Voltaire, ni Rousseau; et ne savent des journaux que les éloges qu'ils y ont vu de leur glorieuse personne. Ces braves fils de la muse déploient trop souvent contre l'orthographe un dédain par trop systématique, que rien ne justifie.
Avec le directeur du Conservatoire, que tout le monde sait être notre savant, aimable et toujours jeune compositeur, M. Auber, et l'administrateur, M. de Lassahathie , l'administration de l'école se compose :
1. D'un secrétaire attaché à la direction de l'école, M. de Beauehesne ;
;2° D'un agent comptable chargé de la caisse et de la comptabilité, M. Hety ;
3' D'un surveillant des classes, M. Ferrière ;
40 D'un conservateur de la bibliothèque, M. Berlioz, membre de l'Institut ;
5° D'un préposé à la bibliothèque, M. Leroy.
La bibliothèque du Conservatoire, composée d'oeuvres de musique et de livres relatifs à l'art musical et à l'art. dramatique, n'est pas seulement créée à l'usage des élèves de cet établissement ; elle est entièrement publique. Si elle u'est pas encore aussi riche qu'on le désirerait et qu'on serait peut-être en droit do l'exiger, il faut reconnaître qu'elle . s'augmente incessamment par le dépôt des ouvrages nouveaux, en vertu de l'ordonnance du 29 mars 1834. Quelquefois aussi, mais trop rarement, elle agrandit son catalogue par des acquisitions pour lesquelles un crédit, hélas! bien chétif, lui est alloué. Telle qu'elle est, il est juste de reconnaître qu'il existe peu de bibliothèques spéciales qui lui soient supérieures. Les services qu'elle n'a cessé de rendre aux élèves de l'école et au public sont extrêmement précieux.
Un musée d'instruments manquait au Conservatoire ; le gouverne-
LA OLUSIQUE, LES leSICIENS
nient a fait, depuis quelques années, l'acquisition du musée particulier de M. Clapi sson. Ce musée, curieux et utile à étudier, -a été transporté dans cet établissement et peut être visité par le public. M. Clapisson en avait été nommé conservateur, Depuis la mort de cet artiste si estimable à tant de titres, itt Berlioz l'a eu quelque sorte remplacé avec le titre de conservateur.
Nous avons dit plus haut qu'il y avait au Conservatoire lifl peitSionnat de dix élèves hommes, spécialement destiné aux études lyriques. Autrefois il existait un pensionnat pour les femmes destinées aussi spécialement aux études lyriques; niais on a reconnu l'ineonvénient de ces deux pensionnats dons un même établissement, et les jeunes filles ont été sacrifiées. Pour être juste envers les femmes pensionnaires exclues de l'école, il a été créé un nombre égal de pensions à 800 fr. chacune , attribuées à celles qui ont besoin d'être secourues. Malheureusement le crédit du Conservatoire (crédit beaucoup trop restreint, MM. Jules Favre et Guéroult ont eu bien raison de le dire , pour les services que cet établissement rend au pays) ne permet pas toujours d'accomplir ces libéralités. Peu de pensions sont servies par l'école,— peut-être même n'en sert-on aucune, — aux élèves femmes qui se destinent à la carrière théâtrale lyrique, et dont les ressources sont si souvent insuffisantes.
Il n'en est pas de même des huit pensions de 600 et de 400 francs, attribuées par le règlement aux élèves des deux sexes qui suivent les classes de déclamation spéciale. Celles-là sont servies ponctuellement.
En attendant que le Conservatoire de musique soit assez riche pour se montrer équitable envers toutes les élèves, les hommes jouissent, par l'admission au pensionnat, d'un privilége important. En effet, les élèves admis au pensionnat sont nourris, habillés et entretenus aux frais de l'État. C'est tout ce qu'il faut quand on ne veut que s'instruire dans son art, et qu'on a d'ailleurs gratuitement les professeurs.
Tout élève admis au pensionnat, ou à qui une pension est accordée , contracte, par ce fait seul, l'engagement de débuter, à l'expiration do ses études, sur un des théâtres subventionnés par l'État. Cette obligation lui constitue comme compensation un droit au début sur ces mêmes théâtres.
Le pensionnat est placé sous la surveillance d'un chef, qui est aujourd'hui M. Charles Duvernoy.
Il y a dans les dispositions prises à l'égard du Conservatoire une clause assez curieuse, et qui aurait grandement besoin d'être abrogée en droit
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE.
comme elle l'est en fait. Il y est dit que si l'administration juge à propos de faire venir des départements un chanteur aspirant au pensionnat, il lui sera accordé quinze centimes par kilomètre pour frais de route jusqu'à Paris, et dette francs cinquante centimes par jour à Paris, à compter du jour d'arrivée jusqu'à celui du départ, s'il n'a pas été admis ; dans ce dernier cas, il reçoit la même indemnité de quinze centimes par kilo° marre pour le retour.
Soixante centimes par lieue, ce n'est guère pour des hommes qui se sentent, d'ordinaire, cent mille francs dans le gosier.
Voici la teneur de l'obligation toujours en vigueur, contractée par les élèves du pensionnat à qui une pension est accordée, Nous la reproduisons ici parce qu'elle est intéressante et très-peu connue du public.
ENGAGEAIENT D'ÉLÈVE AU CONSERVATOIRE.
Je soussigné, après avoir été entendu par le comité des études qui a émis un avis favorable à mon admission comme élève;
a Après avoir pris connaissance des articles des règlements qui concernent les élèves et de l'arrêté de Son Excellence M. le Ministre d'État , en date du 6 octobre 1835, relatif aux engagements des élèves du Conservatoire avec les directeurs des théâtres impériaux;
a M'engage, en reconnaissance des soins, frais et dépenses que nécessite mon instruction :
10 A me conformer rigoureusement à toutes clauses et conditions du règle- meut actuel et de tous ceux à intervenir;
20 A me tenir, après l'achèvement de mes études , pendant les deux mois qui suivront la clôture les cours, à la disposition de Son Excellence M. le Ministre d'État, et â contracter, d'après ses ordres et sur l'avis du directeur du Conservatoire, un engagement de trois années pour l'emploi qui me sera désigné, avec le directeur de l'un des théâtres impériaux, aux condiitions suivantes :
NOMBRE D'ANNÉES. THEAIRES LYRIQUES. THIUTRE-FDANÇAIS, THEATRE DE L'ODEON.
D. Année. En. 4..000 5,000 6,000 Fa. 4,800 2,400 3,000
2. Année.
luAnnée.
Engagement résiliable à la fan de chaque année de la part du directeur e avec l'autorisation du ministre;
A ne 'contracter aucun engagement soit mec les autres théàtres de Paris, soit avec les théâtres des départements, ou des pays étrangers, sans une autorisation du ministre, accordée sur la demande du directeur.
326 LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
El maintenant, jetons un coup d'ceit sur le chapitre de l'admission den élèves externes sur leurs droits et sur leurs devoirs.
Les aspirants aux classes du Conservatoire doivent se faire inscrire au secrétariat. Aucun aspirant ne peut étre admis s'il a moins de neuf ans et plus de vingt-deux. Au delà de cette limite, l'admission n'a lieu qu'exceptionnellement.
Les aspirants sont examinés par les comités.
Il y a deux examens d'admission, pour la déclamation dramatique et pour le chant : l'un a lién dans les premiers jours d'octobre, l'autre une semaine plus tard. Les examens d'admission relatifs aux diverses autres branches de l'enseignement se font dans le courant de décembre.
Tout élève qui manque à la classe deux fois dans le mois, sans excuse légitime , est rayé des contrôles.
Un article du règlement, qui pourrait paraître sévère et qui n'est que sage , est celui-ci Aucun élève ne peut, sous peine de radiation, contracter un engagement avec un théâtre quelconque, jouer un rôle, chanter ou exécuter un morceau sur un théâtre, dans un orchestre ou dans un concert public, sans la permission expresse du directeur. Il convient, en effet, de laisser les professeurs et le directeur de l'école entièrement libres de la direction des études ; et le droit accordé à chaque élève d'utiliser son commencement de talent partout où il le voudrait, et suivant son bon plaisir, serait souvent un obstacle à l'achèvement de son instruction.
Les mères ont le droit, au Conservatoire, d'assister aux leçons données à leurs filles.
La France, libérale dans toutes ses institutions, admet au Conservatoire, nous l'avons dit en commençant; des élèves étrangers, après quelques formalités accomplies. Ils y jouissent clos mêmes avantages que les nationaux, et sont soumis aux mêmes devoirs.
En ce qui concerne les prix à décerner aux élèves, les règlements en vigueur depuis le 22 novembre 1850 portent :
10 11 ne peut être décerné plus d'un premier prix, d'un second et de trois accessits gradués dans toutes les branches de l'enseignement pour les élèves de chaque sexe, dans les classes où ils concourent séparément.
2° Dans le cas où le scrutin attribuerait le même prix à deux ou plusieurs élèves, ce prix appartiendrait à celui qui aurait réuni le
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 327
plus de voix, et, en cas d'égalité de suffrages, au plus âgé, à ',exclusion des autres.
3° Toutefois, dans le cas où, _à l'unanimité , le jury déciderait que deux élèves ont fait preuve d'un mérite égal , un premier prix pourra être décerné à chacun d'eux.
e Un premier prix, un second prix et des accessits gradués sont affectés séparément aux élèves hommes et aux élèves femmes qui concourent dans les classes de déclamation lyrique et de déclamation dramatique.
Les concours se divisent en deux catégories : concours à huis clos et concours publics.
Je me suis bien des fois demandé pourquoi certaines classes du Conservatoire sont privées de l'avantage de concourir publiquement. Les concours publics sont une garantie de l'impartialité des jugements, en même temps qu'ils sont un puissant motif d'émulation pour les élèvçs. Je comprends très-bien qu'on juge à huis clos les procès scandaleux; mais je ne m'explique pas l'ordonnance du huis clos lorsqu'il s'agit de l'harmonie , du solfége, de la fugue, de l'orgue, de l'étude du clavier et de la contre-basse, qui n'ont rien de contraire aux bonnes moeurs.
— C'est l'usage depuis longtemps établi, me dira-t-on, et le Conservatoire n'est Conservatoire* qu'a la condition précisément de conserver.
— Conservez, répondrai-je, ce qu'il est bon de conserver ; mais que l'amourde la tradition ne tienne pas systématiquement clouée à des usages de pure fantaisie notre École nationale de musique , qui n'est pas, quoi qu'on en ait dit, une institution chinoise.
Je ne sais ce qui a pu déterminer autrefois le directeur du Conservatoire à faire juger à huis clos les élèves appartenant aux différentes branches de l'enseignement que nous venons de signaler. J'ai bien peur que ce soit uniquement le caprice. En quoi, effectivement, les élèves des classes de solfége, d'orgue, de clavier et de contre-basse sont-ils plus indignes que les autres de paraître devant le public? Quant aux leçons écrites des élèves de fugue et d'harmonie, pourquoi ne pas les exposer publiquement, comme on expose au Palais-Mazarin les tableaux et les dessins des concurrents aux prix de l'Institut? Il n'y a pas de petite injustice, pas plus qu'il n'y a de petite justice. Tout ce qui ressort de cette rigide mais libérale souveraine doit se faire au grand jour.
Li MUSIQUE, LES MUSICIENS. •
Avec PexPosition publique des travaux qui font l'objet des concours d'harmonie et de contrepoint et fugue, le public connaisseur et la critique compétente seraient mis à même de donner leur opinion sur l'ensemble •des études musicales, et d'offrir des encouragements à ceux qui, pour n'être pas lauréats, mériteraient néanmoins d'être encouragés.
Comment, sans l'exposition que nous réclamons, vérifier la valeur des oeuvres soumises au concours et les réclamations qui s'élèvent si souvent avec ce fâcheux système de concours à huis clos? Certes, nous sommes loin de suspecter l'impartialité des jurys composés, en général, d'hommes aussi élevés par le talent qu'honorables par le caractère; mais il suffit que d'autres puissent manifester des doutes à ce sujet pour justifier la réforme que nous sollicitons dans l'intérêt général.
Les murs du Conservatoire, heureusement, ont, comme ceux de l'antique Venise, des yeux et. desoreilles, et M. Guilloutet n'en a pas interdit l'escalade. Consultez les murs des salles où ont lieu chaque année, au mois de juillet, les concours à huis clos de solfége, et les murs vous diront que c'est merveille de voir ces enfants, à un âge où d'ordinaire on sait à peine lire, solfier à livre ouvert, sans aucune hésitation souvent, des leçons bourrées de changements de clefs, pétries d'intonations périlleuses, farcies de rhyllintes bizarres. Il est vrai que ces écoliers de huitième en musique ont pour De Viris les solfégcs du Conservatoire,un chef-d'oeuvre monumental, que nous allons retrouver à l'Exposition, dans la riche vitrine de M. Heugel.
La classe d'orgue, tenue par M. Benoist, est la plus savante des classes du Conservatoire, avec les classes de contre-point et fugue, qu'on appelle aussi de haute composition. On y enseigne l'art, malheureusement beaucoup trop négligé de nos jours, d'accompagner le plain-chant en le considérant tour à tour comme basse, comme partie intermédiaire et comme chant. Quand l'élève est jugé suffisamment capable d'accompagner ainsi le plaint-chant, il passe à l'improvisation de la fugue, qui fut la gloire des anciens organistes.
Combien compterait-on d'organistes, à notre époque de facile renommée,' capables d'improviser une fugue sur un sujet donné?
Il en est jusqu'à trois que je pourrais nommer.
Comme la science ne doit pas étouffer l'inspiration, mais la seconder en la guidant, M. Benoist ne néglige pas de développer l'imagination de
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE, 329
ses élevés, en les faisant aussi improviser ce qu'on appelle de la musique libre ou idéale.
Un prix d'orgue, au Conservatoire, est comme un diplôme de docteur en musique.
fine manque aux lauréats de la classe de M. Benoist , pour être des organistes accomplis, que de connaître les offices divins et de savoir mélanger les jeux. L'office diVin s'apprend facilement ; c'est une routine. L'art de mélanger les jeux exige une longue expérience et des qualités naturelles qui tiennent au génie môme de la composition. Il faut, pour bien accoupler les jeux de l'orgue, comme pour bien instrumenter, avec, une connaissance approfondie des ressources si nombreuses de l'instrument géant contre lequel on lutte , le sentiment de la couleur musicale et beaucoup de pratique.
Il serait donc à désirer que les élèves au Conservatoire s'exerçassent sur cette branche importante de la science de l'organiste, aujourd'hui que les grandes orgues sont devenues de véritables orchestres par le nombre et la diversité des timbres. Malheureusement, le Conservatoire, qui a pour mission de conserver les saines traditions de l'art , et qui les couse' vo glorieusement, est aussi forcé de conserver ses vieux meubles, souvent bien mal conservés, hélas!
L'orgue du Conservatoire rentre dans la catégorie des vieux meubles mol conservés dont je veux parler.
C'est un instrument dépourvu de jeux et à moitié détraqué, que notre École de musique fera bien d'envoyer au marchand de bric-à-brac, le jour où elle se verra en possession d'un budget véritablement digne d'elle,
La contre-basse est devenue un instrument si important dans l'orchestre qu'il est tout à fait inexplicable qu'on la maintienne à l'écart connue un instrument honteux. Quand le basson est admis à abuser publiquement de ses privileges, pourquoi l'instrument de Dragoneiti, de Gouffé, de Bottesini est-il contraint d'étouffer dans le huis clos ses notes majestueuses,qui son t cornu] e les colonnes del'harmoniesou tena ut l'édifice instrumental? Je neveux pas médire du basson, pas plus quede certains autres instruments plus utiles à l'orchestre qu'agréables en solos; mais je m'inscris énergiquement contre l'injustice dont la contrebasse est victime.
Quand tons les hommes et tous les instruments sont égaux devant la lui, disait plaisamment un élève du Conservatoire, les coutre-bas-
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cistes:et la contre-basse font seuls exception. Je réclame en faveur de la contre-basse le bénéfice des immortels principes de 89. »
Ce révolutionnaire en aurait pu dire autant de la classe de piano du premier degré, qualifiée, je ne sais trop pourquoi, d'élude du clavier; des classes d'harmonie simple et d'harmonie avec accompagnement.
J'ai cité plus haut la classe de M. Baillot, fils de notre grand violoniste; j'y reviens. Cette classe, quoique n'offrant pas d'élèves au concours, n'en mérite pas moins de fixer l'attention. Longtemps avant sa fondation (1848), on avaitreconnu l'utilité d'une classe d'ensemble , où les élèves des divers instruments vinssent se réunir pour exécuter les couvres des grands maîtres.
A une certaine époque, la musique de chambre était tombée, en France, dans un oubli presque complet. On peut en voir la preuve dans ce fait, que les ouvrages pour le piano d'Haydn ne se trouvaient plus dans le commerce, et qu'un seul éditeur, M. Ilichault, possédait la collection à peu près complète des oeuvres de Mozart. Si ces compositeurs illustres trouvent aujourd'hui la place qui leur est due dans toutes nos réunions musicales, il faut attribuer cette réaetionsalutaire aux efforts incessants des artistes convaincus, et peut-être aussi, dans une certaine proportion, à la fondation, au Conservatoire, de la classe d'ensemble instrumental dirigée par le fils de notre grand violoniste.
D'après mes informations, le nombre des élèves qui ont fait partie de cette classe est considérable. Il était, il y a quatre ans déjà, de 148 pianistes femmes, dont 28 prix ; de 90 pianistes hommes, dont 19 prix; de 80 violonistes, dont 10 prix ; de 34 violoncellistes, dont 9 prix ; de 9 contre-bassistes, dont 1 prix ; enfin, de 16 élèves appartenant aux différentes classes d'instruments à vent : ce qui forme un joli total, comme vous le verrez, si vous voulez vous donner la peine d'additionner.»
Parmi les élèves devenus professeurs à leur tour, qui ont puisé le goût de la musique des maîtres à l'école de M. Baillot, et qui ont ensuite répandu ce goût dans le public, je citerai, au nombre des pianistes : Mmes Lyon, née Coche ; Béguin, Salomon, Accursi, née Htuand ; Ferrand, née Lejalliot; Caroline Lévy, Colson, Louisa Murer, Sabatier-Blet, H. Parent, Mongin, Leclerc, etc.
Parmi les hommes : MM. Planté , Wieniavvski, Jules Cohen, Mangin, Bizet, Henri Ketten, etc.
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 334
Parmi les violonistes:MM. Alexandre Viault, Gros, Ferrand, Sarazate, Sacobi; Mlle Thérèse Castellan.
Pour le violoncelle : MM. Poeneet, Lasserre, Tolbecque, Hildebrand, Thomas, Jacquard, Rabaud.
Tous ces artistes distingués, et beaucoup d'autres encore que je ne nomme pas pour abréger, ont puisé à l'école d'ensemble instrumental ce que leur professeur particulier, chargé spécialement de développer leurs qualités de virtuoses, ne pouvait leur donner : le sentiment de la musique d'ensemble, avec le style indispensable pour bien interpréter la musique de chambre, dans laquelle, on le sait, les plus grands compositeurs ont prodigué des trésors de science et d'inspiration.
Devant un semblable résultat, on peut regretter que l'administration du Conservatoire n'ait pas cru devoir jusqu'ici accorder à cette classe éminemment utile les honneurs du concours,
Quand nous aurons dit que l'année scolaire commence le 1" octobre, qu'elle finit immédiatement après le concours, que l'enseignement des hommes est séparé de celui des femmes , excepté dans les classes de déclamation lyrique, de déclamation spéciale et de chant, nous aurons, je pense, dor lé une idée suffisante des rouages administratifs du Conservatoire, et de l'importance de cet établissement que l'étranger nous envie,
Chaque année, au moment des concours publics de notre École de musique, il est d'usage, parmi certains journalistes, de prendre le ton de Jérémie et de se voiler la face en signe de deuil. Ils vont écouter une heure quelques élèves, au hasard, et se répandent en gémissements sur l'art, sur les professeurs, sur les élèves, sur les méthodes. C'est fort bien; il faut dire quelque chose , et pour le lecteur, le blâme a plus d'attraits que l'éloge, outre qu'il pose mieux son homme en lui donnant un air d'indépendance et d'autorité. — « Ce journaliste doit être bien savant, car il trouve tout mauvais... » C'est ainsi que le lecteur pense souvent quand il ne raisonne pas, ce qui arrive onze fois sur douze. Mais les faits sont là, heureusement, qui démontrent l'inhalité de ces critiques annuaires, comme les saisons. Faites le relevé des chanteurs et des instrumentistes qui composent le personnel de nos théâtres lyriques de Paris et de la province ; étendez vos investigations sur les compositeurs, les professeurs, les organistes et les musiciens de régiments : vous verrez qu'ils ont tous, pour ainsi dire, puisé
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LA MUSIQUE, LES MUSICIENS
lm savoir aux sources abondantes du Conservatoire de Paris, ou de ses succursales à Toulouse, à Lyon, à Marseille.
Oui , M. Guéroult l'a dit avec raison , le Conservatoire manque d'un budget suffisant. Le traitement de la plupart des professeurs y est si minime, si peu en rapport avec la notoriété de leur talent et les services qu'ils rendent, qu'on ne doit raisonnablement considérer ce traitement que comme une indemnité provisoire. Lucien, dans ses Dialogues des Morts, écrit qu'après avoir accablé de calamités ceux qu'ils veulent perdre, les dieux, dans leur inexorable colère, leur réservent pour coup de grâce le fléau de la pédagogie. Lucien se trompe. Il y a dans le professorat, noble passion quand il est honnêtement exercé, des joies profondes mesurées'à la grandeur du sacrifice. Pourtant il ne faudrait pas que ces sacrifices allassent jusqu'à la suppression ou à la réduction exagérée d'émoluments basés sur les nécessités de la vie. Qu'arrive-t-il en fait? Que les professeurs mal payés par le Gouvernement imposent en quelque sorte à leurs élèves des leçons particulières convenablement rétribuées. Il faut vivre avant tout, et on ne saurait blâmer un professeur de chercher à tirer parti de son talent. Mais on voit d'ici les inconvénients d'une semblable contribution indirecte. Il serait digne du Conservatoire, digne de la France, que nos professeurs de musique fussent mis à même d'abandonner de semblables moyens, qui changent le caractère du Conservatoire, en faisant de cette école une école payante pour la plupart des élèves, au lieu d'être pour tous une école gratuite.
PUBLICATIONS DE MM. HEUGEL ET Cie ,
Éditeurs des Solféges et des Méthodes du Conservatoire.
Après avoir exposé le plan des études suivies au Conservatoire et avoir donné le tableau complet de cet établissement, il paraîtra naturel que nous passions, sans autre transition, à l'exposition de M. !lenge], qui, dans la classe 89, renfermait toutes les méthodes en usage à notre École nationale de musique, avec un grand nombre d'ouvrages classiques et de traités théoriques.
Les publications de MM. Henget et Ci., relatives à l'enseignement de la musique et aux classiques du piano, se distinguent par divers caractères qui en ont fait à l'Exposition de 1867 une sorte de monument de l'art.
Les caractères de cette exposition étaient, pour la partie matérielle:
ET LES INSTRUMENTS DE 'MUSIQUE. 333
Le nombre considérable de planches gravées par les plus habiles graveurs de Paris, la correction des éditions, la beauté du papier, l'excellence de l'impression, les illustrations dont chaque volume est orné. Pour la partie intellectuelle :
La pensée et le plan de ces publications, qui forment une véritable encyclopédie méthodique en deux branches : l'enseignement théorique et pratique du solfége, du chant, de l'harmonie et de l'instrumentation, l'étude du piano en remontant aux célèbres clavecinistes de 1637 à 1790 pour finir à Thalberg et aux mattres de la musique concertante.
On n'improvise pas de semblables éditions.
Il y aura bientôt vingt ans que MM. Henget et Cie ont posé les fondements de cette vaste publication. Dès l'Exposition universelle de 18S5, ils méritaient une médaille et une mention honorable pour la correction de leurs éditions des classiques et pour services rendus à l'enseignement.
On ne sait pas assez ce que coûte d'intelligence et de labeur la confection de semblables travaux. Pour arriver à la perfection autant qu'il est possible de l'atteindre, l'éditeur-directeur du Ménestrel—qui fut lui- même un professeur expérimenté—a fait appel aux musiciens les plus compétents et leur a donné la direction de ses publications, tout en sollicitant l'appui de ceux qui pouvaient apporter leur part de lumières dans cette édition modèle. En vue d'une impression parfaite, les planches trop surchargées de corrections ont été jetées à la fonte, et, si je ne me trompe, à l'imitation des Firmin Didot, il a été donné plus d'une gratification à quiconque découvrait une faute passée inaperçue. N'est-ce pas créer, pour ainsi dire, que de prendre ainsi à coeur les créations d'autrui? En tout cas, c'est enrichir l'art, c'est l'honorer en s'honorant soi-même.
Au reste, la bibliothèque qui renfermait à l'Exposition les collections de MM. Hengelo et Ci, est elle-même une oeuvre d'art, et l'oeil s'arrêtait agréablement impressionné par la vue de l'extérieur avant que l'esprit ne se nourrit des substantielles beautés de l'intérieur.
Ce qui frappait tout d'abord, c'étaient les tableaux géants de AI. Édouard Batiste, qui donnaient à cette bibliothèque une physionomie toute particulière. Mais n'anticipons pas, et procédons par ordre.
Ouvrons donc par la pensée les portes de ce palais de l'art musical, et examinons, en détail, les hôtes de l'inspiration et de la science qu'il abritait.
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TABLEAUX DE LECTURE MUSICALE_ ÉDITION GÉANTE
ebis rue Vivienne PARIS m=
LA MUSIQUE, LES MUSICIENS, ETC. 338
Enseignement du piano. -- Méthodes , exercices, éludes, oeuvres
classiques.
C'est d'abord la grande Méthode du Conservatoire, de L. Adam, considérée, malgré tous les progrès accomplis, comme un des ouvrages les plus complets et les mieux faits qui aient jamais été écrits sur l'enseignement du piano.
Puis viennent les Méthodes élémentaires, de Félix Cazot et de Henri Rosellen.
Quittant la théorie mêlée à la pratique pour la pratique seule, l'éditeur offre progressivement à :
Les Exercices rhythmiques et mélodiques, de H. Valiquet, et sou Berquin des jeunes pianistes , en six livres : le Premier pas, les Grains de sable, le Progrès, les Contes de fées, le Succès et les Soirées de famille.
Le Trésor des jeunes pianistes, de A. Le Carpentier, à deux et à quatre mains; les Études élémentaires, de J.-L. Battman , et ses Roses d'hiver ; les Simples leçons aux jeunes filles, de Ch. Schunke, son Diorama des enfants; le Trésor de la jeunesse, les Heures de récréation et le Rameau d'or, du même auteur.
Le Manuel du pianiste et le Répertoire du jeune pianiste, d'Henri Rosellen ; les Etudes progressives et chantantes, de Ch. Neustedt ; les Fleurs mélodiques, d'Antoine de Kontski.
L'Art de déchiffrer, cent petites études de lecture musicale, par A. Marmontel ; son Exercice journalier, son Exercice modulé, ses Petites études de mécanisme (mélodiques), et ses Grandes Études de bravoure et de style.
Les Études de chant et de mécanisme, de Camille Stamaty, en trois livres; son Rhythme des doigts, exercices-types à l'aide du métronome, pouvant servir à l'étude la plus élémentaire comme au perfectionnement le plus complet du mécanisme ; les Études pittoresques, les Douze Esquisses et les Études caractéristiques du même auteur sur Oberon, de Weber.
Les Études de style et de mécanisme, de Paul Bernard, ses transcriptions religieuses ; leb Grandes Étuele,s artistiques, de A. Goria ; ses Études du pianiste moderne; les Études de style et de mécanisme, de Louis La- combe.
Les Éludes spéciales de style et de mécanisme, de Georges Mathias ; les Vingt-cinq grandes Études, de F. Hitler ; celles de F..Chopin, tes'Pré-
336 LÀ MUSIQUE, LES MUSICIENS
Indes, du même auteur, l'École moderne du piano, de Joseph Grégoir'.
Les Harmonieuses, d'Henri Ravina, et ses Etudes mignonnes.
Les Concertantes à quatre mains, de Camille Stamaty ; l'École concertante, de Lefébure-Wely ; l'Art du chant, de S. Thalberg, à quatre mains, par Charles Czerny et G. Bizet ; les Contemplations, de Henri Ravina, et les Douze Transcriptions concertantes, de G. Mathias, sur la Flûte enchantée, de Mozart.
École classique du piano.
L'École classique du piano renferme plus de deux cents pièces signées des plus grands maîtres. Elles ont été, sous l'inspiration de l'éditeur, recueillies, classées, accentuées, doigtées et annotées par Marmontel, l'éminent professeur au Conservatoire, dont la réputation n'est plus à faire.
Ces classiques sont divisés en cinq séries, si l'on comprend le volume des couvres choisies de Chopin, et forment le total imposant de quatre mille planches.
J'ai dit ailleurs ce que je pense de cette remarquable collection et de son utilité. Il m'eût été• difficile de rien ajouter aux justes éloges de MM. Auber, Rossini, Meyerbeer, Halévy, Adam, Onslow, Carafe, A. Thomas, Reber, Berlioz, Ch. Gounod, G. Kastner, Clapisson, Massé, Zimmermann, Thalberg, Henri Hen, Émile Prudent, G. Mathias, Lefébure, Stamaty, etc., qui ont, dans les termes les plus flatteurs, approuvé le travail de Marmontel ; mais je tenais à mon tour à rendre hommage à la persévérance, à la foi artistique, au bon goût et à l'expérience d'un musicien aussi honorable par son talent que par son caractère. Je tenais surtout à établir ce fait, que, dans cette édition des classiques, Marmontel a maintenu scrupuleusement tous les textes d'après les manuscrits des auteurs et les éditions princeps, et qu'il ne prétend imposer à personne ni ses doigtés, ni ses nuances, ni son esthétique.
Il s'est trouvé, je le sais, quelques critiques pointus pour blâmer le professeur d'avoir indiqué des nuances dans certains passages où l'auteur n'en avait marqué aucune. C'est pousser le respect des maîtres jusqu'au delà des bornes que le respect commande. Le reproche serait
Dans la spécialité de l'enseignement, MM. Henget et Cia ont aussi exposé (classe 10 et 89) deux appareils destinés à faciliter l'étude du piano : le Veloce mano , invention bre- vetée de Mlle Faivre, et le Clavier cléliateur, de Joseph Grégoir. Nous en parlerons en détail un peu plus loin , au chapitre des'appareils mécaniques.
• S. illusiquz. et musiciens, 1 volume, chez Pagnerre, éditeur, 18, rue de Seine..
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. asT
fondési, plaee d'une nuance marquée, le profesSeur en avait indiqué
une antre; mais peut-en raisonnablement blâmer un professeur de faire connaître son propre sentiment quand l'auteur s'est tu sur le sien? Fallait-il donclaisser aux élèves, dont le goût n'est pas encore formé, le soin
de nuancer à tort:ou, de travers, suivant le caprice du moment ?II semble
assez naturel de penser que, entre un professeur tel que Marmontel et de simples élèves, la meilleure interprétation ne sera pas celle des écoliers. Quant aux artistes qui sentent par eux-mêmes toutes les beautés de la musique et qui possèdent les véritables traditions des maîtres du piano, rien ne les oblige à se conformer aux nuances indiquées,par Marmontel, si ses nuances ne sont pas conformes à leur sentiment. Tant mieux pour eux et pour leurs auditeurs si leur interprétation est préférable à celle de cet excellent professeur.
Du reste, il y avait plus d'une raison pour que Marmontel indiquât des nuances dans certaines parties de certaines compositions de l'école'' ancienne où les auteurs n'en avaient marqué aucune. Une de ces raisons tient aux progrès mêmes de la facture du piano.
Les facteurs, en donnant aux pianos modernes une attaque et une prolongation d'e sons que n'avaient pas les anciens pianos, ont, pour ainsi dire, changé la nature de cet instrument. Une nuance impossible sur les clavecins et les pianos fabriqués au temps de Haydn se fait aujourd'hui très-facilement par tous les pianistes et sur tous les pianos. En résumé, si l'on trouve que Marmontel donne de bonnes leçons, on ne peut blâmer la publication d'oeuvres annotées par ce même Marmontel. Il faut être conséquent avec soi-même.
On doit donc féliciter l'éditeur-directeur du Ménestrel d'avoir conçu le plan de cette grande édition des classiques du piano, et le célèbre professeur du Conservatoire, d'y avoir apporté tout son savoir et tous ses soins.
Trois ouvrages différents servent d'introduction aux Classiques du piano. Ce sont :
1' Le jeune pianiste classique. Transcriptions, réductions et appropriatiobs, par Jules Weiss, des oeuvres concertantes, des symphonies et des compositions pour piano seul les plus célèbres de Haydn, de Mozart et de Beethoven.
2. Souvenirs des Concerts du Conservatoire. Douze transcriptions des couvres des grands maîtres, par Camille Stamaty. .
- 3° Dia;-huit transcriptions symphoniques et de musique de ch,amlere,:en-
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pruntées par Louis Diéiner au répertoire des concerts du Conservatoire, des concerts populaires et des séances de MM. Alard et Franchomme, séances dans lesquelles M. Biénier tient le piano.
Pour former le couronnement de cet harmonieux et solide édifice de l'enseignement du plus répandu des instruments, MM. Heugel et C' ont fait paraître ce qu'ils appellent l'École classique concertante du piano.
Cette importante division comprend les oeuvres complètes pour piano, violon et violoncelle de Haydn, de Mozart et de Beethoven, reproduites d'après les meilleures éditions allemandes et françaises comparées, et selon les traditions des séances de musique de chambre de MM. Alard et Franchomme, les continuateurs de Baillot. L'Ecole classique concertante, on pouvàit le prévoir, est la plus précieuse des éditions de ce genre qui aient paru jusqu'à ce jour, non-seulement par la correction des textes, l'excellence de la gravure, de l'impression et du papier, mais avant tout autre chose par les doigtés et les accentuations dont l'ont enrichie MM. Alard, Franchomme et Diémer.
L'Ecole classique concertante, gravée en partition et en parties séparées, représente près de cinq mille planches formant Cent vingt-deux ouvrages. Voilà des éditions qui font honneur à notre commerce de musique.
Le clavecin ayant précédé le piano, et de grands compositeurs ayant écrit pour cet instrument, l'éditeur des classiques-Marmontel a pensé que son oeuvre d'éditeur ne serait pas complète s'il ne faisait dans son enseignement du piano une part au clavecin et aux clavecinistes. Son édition des Clavecinistes est un chef-d'ceuvre de typegraphie en même temps qu'un des chapitres les plus curieux et les plus attachants de l'histoire de la musique.
M. Amédée Méreaux, dont le nom bien connu des artistes nous dispense de tout éloge, a classé les clavecinistes par ordre chronologique ; il a revu leurs compositions, les a doigtées, accentuées suivant les traditions, et a écrit en toutes notes les agréments et les ornements indiqués par des signes d'abréviation généralement ignorés aujourd'hui. Ce n'est pas tout : M. Méreaux a fait précéder cette collection d'un volume-texte grand in-e, ou format Panthéon, dans lequel se trouvent réunis les documents les plus, complets concernant :
L'histoire du clavecin , des clavecinistes, et notamment la grande
ET LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 339
époque de elavecin ; les ornements et les agréments du chant, avec
les figures d'abréviation du temps et leur traduction en toutes notes appliquées au piano ; la théorie et la pratique de tous ces ornements, d'après les différentes grandes écoles du clavecin ;—le passage ou trait- d'union du clavecin au piano, opéré par Clementi, Haydn, Mozart, Dussek, Steibelt et Cramer ; les biographies des célèbres clavecinistes, accompagnées de notes détaillées sur le style et l'exécution de leurs oeuvres choisies. Ce volume est, en outre, orné des portraits des plus célèbres clavecinistes, empruntés par M. Alfred Lemoine à d'anciennes gravures ; de tableaux synoptiques et comparatifs; enfin il est complété par de nombreux exemples de musique qu'il sera indispensable de consulter pour la parfaite intelligence et la bonne exécution des oeuvres des clavecinistes.
Nous venons d'examiner rapidement l'ancienne école de piano; passons à la nouvelle.
Ecole moderne du piano.
Un nom domine tout dans l'école moderne du piano, c'est celui de Thalberg.
La révolution opérée par ce virtuose, dans Part de jouer de cet instrument, a été aussi profonde qu'elle sera durable.
Thalberg a fait chanter le piano, et cette conquéte est de celles qui augmentent le patrimoine de l'art.
Par quelle exquise sensibilité de toucher, par quelles savantes combinaisons dans la disposition de la mélodie et des accompagnements, et par quel délicat emploi des pédales Thalberg, est-il parvenu à donner au piano cette voix ravissante, dont les vibrations se prolongent, se modifient, soupirent, éclatent comme une voix humaine'? Ce secret, le grand pianiste nous l'a révélé dans une oeuvre charmante, dont chaque note est un enseignement et qui a nom l'Art du Chant.
L'éditeur des solféges et des méthodes du Conservatoire n'aurait voulu laisser à personne autre que lui l'honneur d'éditer cette oeuvre révélatrice, qui d'ailleurs lui était devenue nécessaire pour compléter la série de ses classiques et ouvrir la voie de l'école moderne du piano.
D'autres sont venus, après Thalberg, apporter leur pierre à l'édifice, et tous ont trouvé auprès du directeur du Ménestrel un éditeur intelligent et dévoué à la cause commune, je veux dire aux progrès de l'art.
ato LA lu uSiQuÊ Lns euSicIENS
L'Art du Chant, de Thalberg, est divisé en quatre séries, et ces mêmes quatre séries existent simplifiées pour être mises à la portée des jeunes pianistes par MM. Ch. Czerny et G. Bizet. Il ne fallait pas que les enfants fussent privés des leçons de Thalberg, si profitables à tous.
A côté de cette sorte, de transcription des transcriptions de Thalherg, nous voyons figurer les six séries du Pianiste chanteur, par Ch. Bizet. Ces recueils comprennent cent cinquante pièces célèbres des maîtres français, italiens et allemands, soigneusement transcrites, doigtées et accentuées à l'intention des jeunes pianistes.
Enfin voici une méthode de chant appliquée au piano par Félix Godefroid, qui vient enrichir cette branche naguère si déshéritée de l'enseignement du piano.
La méthode de F. Godefroid renferme, outre une' théorie complète, quarante-deux exercices sur les difficultés de l'art du chant appliqué au piano, trente exercices mélodiques sur les broderies, fioritures, variations, points d'orgue, traits et formules de mécanisme des maîtres du chant et du piano.
Après la série des oeuvres qui se rattachent à l'enseignement du piano, nous arrivons à celles qui intéressent l'enseignement du solfége et du chant.
Enseignement du solfége et du chant.
Le solfège, est la base de toute bonne éducation musicale.
Il n'est pas plus possible d'être bon musicien sans savoir le solfège que d'être bon écrivain sans connaître la grammaire.
Mais il r a solfége et solfége, comme il y a grammaire et grammaire ; et, il faut bien le reconnaître, les plus heureuses dispositions musicales ont été contrariées souvent et sont restées perdues pour l'art, faute d'une bonne éducation et d'une base solide au début des études.
C'est pénétré de cette vérité que M. Henget a entrepris la réédition, ou plutôt la régénération des Sol féges du Conservatoire, écrits par Cherubini, Méhul, Catel et Gossec, pour servir de base à l'enseignement de la musique en France.
L'éditeur a compris qu'il y avait dans cette régénération un grand service à rendre à l'enseignement de la musique dans notre pays. Et Comme, chez. !'exécution .suit de près la pensée.du projet, il -a brem
ET LES INSTRUMEN1S DE MUSIQUE.
cernent unlrepris de vulgariser ces immortels ouvrages, en s'aidant dtt concours de M. Édouard Batiste, professeur de solfège individuel et collectif au Conservatoire, organiste de Saint-Eustache, et qui fut Puecompagnateur, pendant vingt ans, aux examens et aux concours du Conservatoire, présidés successi ,ement par MM. Cherubini et Auber. Voilà donc ces célèbres solfèges que tout le monde savait être excellents, qui n'ont point été égalés quant au style supérieurement musical des leçons qui lè composent, mais dont on ne retrouvait de rares exemplaires que dans les bibliothèques des curieux mélomanes et à la Bibliothèque du Conservatoire , rendus à l'enseignement et très-améliorés, —vous allez voir comment.
En fait de solfèges, ces livres sont la loi et les prophètes,et il n'y avait pas à y changer une note.
Seulement, au point de vue de leur vulgarisation , ils offraient un inconvénient grave : cet inconvénient, M. Édouard Batiste l'a fait disparattre avec tout le talent d'un musicien qui a su conserver intactes les traditions des maltres de l'art sous lesquels il a étudié : je veux parler des basses chiffrées réalisées par lui — suivant le terme technique, -- avec une grâce savante et une pureté remarquable.
- Il faut savoir que, pendant une assez longue période de temps, les compositeurs ont été dans l'usage d'indiquer par de simples chiffres posés au-dessus des notes de basse, et aussi par quelques autres caractères propres à modifier les chiffres, les accords avec lesquels ils voulaient qu'on accompagnât leurs chants. Tant que ces chants ont été simples et peu modulés, ces ingestions ont suffi pour guider les accompagnateurs ; mais, à mesure que ces mélodies sont devenues plus savantes, plus compliquées, plus modulées, les chiffres, tout en se multipliant, n'ont plus présenté que des indications vagues souvent, et d'une lecture toujours fort pénible.
Les signes dont on se sert pour chiffrer les basses sont en trop grand nombre », dit avec beaucoup de sens J.-J. Rousseau, pour qui la musique a toujours été une sérieuse occupation et le charme de son existence. s Ils sont équivoques, obscurs, insuffisants. Par exemple, ils ne déterminent presque jamais l'espèce des intervalles qu'ils expriment, ou, ce qui pis est, ils en indiquent d'une autre espèce : on barre- les uns pour marquer des diètes, on en barre d'autres pour tnarquer les bémols. Les intervalles majeurs et superflus , même les diminués, s'expriment- souvent de la -même manière. Quand- les chiffres sont-
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doubles, ils sont trop confus; quand ils sont simples, ils n'offrent presque jamais que l'idée d'un seul intervalle, de sorte qu'on en a toujours plusieurs autres à sous-entendre et à déterminer. Aussi trouvert-on à la pratique de l'accompagnement des obstacles presque insurmontables ; il faut de dix à douze années pour y réussir passablement.
« Comment remédier à ces inconvénients ? Faudra-t-il multiplier les signes pour tout exprimer? Mais on se plaint qu'il y en a déjà trop. Faudra-t-il les réduire ? On laissera plus de choses à deviner à l'accompagnateur, qui n'est déjà que trop occupé ; et, dès qu'on fait tant que d'employer des chiffres, il faut qu'ils puissent tout dire. Que faire donc? Inventer de nouveaux signes, perfectionner le doigté, et faire des signes et du doigté deux moyens combinés qui concourent en même temps à soulager l'accompagnateur. C'est ce que M. Rameau a tenté avec beaucoup de sagacité dans sa dissertation sur les différentes méthodes d'accompagnement. »
Il y avait quelque chose de beaucoup plus simple à faire et de beaucoup plus facile aussi que d'inventer de nouveaux signes pour remplacer les chiffres et les signes placés sur les notes de baose : c'était d'écrire , comme l'a fait M. Batiste, toutes les notes de l'accord et tous les dessins conçus par le compositeur pour servir d'accompagnement à la mélodie. Ce qui revient à tracer en toutes lettres les mots qu'en veut fait lire , au lieu d'écrire la première lettre de chaque mot, par exemple, avec des signes autres que les lettres pour remplacer celles qu'on supprimerait. En vérité, on reste stupéfait de voir tant de tâtonnements pour arriver à un but si facilement accessible avec des moyens acquis.
Sans doute, il est d'un bon exercice, pour ceux qui veulent se rompre à toutes les difficultés de l'harmonie pratique, d'accompagner la basse chiffrée et môme la basse non chiffrée, ou mieux encore de chercher la basse et les dessins d'accompagnement d'après une mélodie donnée ; mais cette gymnastique ne saurait convenir à tout le monde, et, quand on écrit pour le public, que ce soit des mots ou des notes, il faut, avant toute autre chose, se faire comprendre par le plus de gens possible. J'ai pris un plaisir infini à revoir toutes ces leçons de solfége, qui m'ont rappelé les jours,—assez longs,—où, rêvant la gloire dedlozart, des Beethoven et des Rossini, j'ai eu ma place marquée au Conservatoire dans les classes de mes chers maîtres : Elwart, professeur d'harmonie ; Benoist, professeur d'orgue, et Carafa , professeur de contre-point, de
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fugue et de haute composition. Moi aussi, j'ai réalisé sur le clavier de l'orgue et du piano, avec mes camarades Laurent de Billé, Victor Massé, Georges Maillard, Wekerlin, Bernard, Émile Jonas, Hervé, — le joyeux Hervé de PCEi/ crevé, dont le véritable nom est.... mais ne soyons pas indiscret, — et d'autres encore, ces basses chiffrées des solfèges du Conservatoire et du solfège d'Italie, si savantes, si magistrales, si heureusement trouvées le plus souvent, et qui offraient à la sagacité des accompagnateurs tant d'imitations ingénieuses qu'il fallait deviner, mais que nous ne devinions pas toujours.•Aussi, et connaissant autrement que par oui-dire les difficultés du travail que s'est imposé M. Édouard Batiste, ai-je pu en apprécier tout le mérite et en prédire tout le succès.
M. Batiste ne s'est pas contenté de remplacer le grimoire des chiffres par de belles et bonnes notes compréhensibles de tou s les musiciens ; il a voulu aussi mettre les leçons de ces solfèges à la portée de toutes les voix. En conséquence, il a transposé les leçons les plus élevées et les plus graves ; et, grâce aussi à quelques heureuses additions (doubles notes), aucun effort n'est plus à redouter pour personne dans l'étude de ces fructueuses et admirables leçons pour la plupart.
Ces notable, améliorations ont été accomplies avec le respect que commandait un semblable travail, dans une édition in-8°, très-maniable et très-correcte. Mais afin de rendre un complet hommage aux Solfèges du Conservatoire et satisfaire les curieux, ce grand ouvrage a été réimprimé tel absolument qu'il existait dans le principe, et nous avons ainsi deux éditions d'une couvre aussi belle qu'utile, et qu'on allait peut-être laisser tomber dans l'oubli.
Dans le rapport officiel, écrit par M. Laurent de Billé, en qualité de secrétaire de la section XII (enseignement de la musique), nous lisons ceci : « Les oeuvres célèbres connues sous le nom de Solféges d'Italie et de Sotféges du Conservatoire, ont été produites à l'Exposition sous une forme nouvelle. Ce qui caractérise cette réimpression (Batiste et Heugel), c'est la beauté de l'édition, le classement progressif des Solféges, et l'heureuse réalisation pour le piano des basses chiffrées laissées par les maîtres. » Pour servir d'introduction aux Solfèges du Conservatoire, M. Édouard Batiste a écrit un Petit Solfége préparatoire, théorique et pratique.
Toute la partie pratique de ce travail est excellente,. Les cinquante tableaux-types qui en forment la base résument admirablement les difficultés d'intonation, de rhythm, de mesure, de valeur de notes, qu'il faut vaincre pour lire la musique. Chacun de ses tableaux peut se
ces MUSIQUE, LES MUSICIENS
chanter, à, une ou à plusieurs ivoix; pour en faciliter l'étude dans les écoles primaires, les lycées, les séminaires et les orphéons, l'éditeur a eu l'heureuse idée de les reproduire en très-grosses notes qui se déroulent aux yeux par le moyen d'un appareil très-commode et très-simple. Deux types de ces précieux tableaux étaient exposés : l'un gravé sur bois (classe 10) ; l'autre imprimé sur rouleaux, au moyen de cartons- patrons découpés (classe 89).
L'éditeur du Conservatoire a très-magistralement complété son catalogue en publiant tout récemment les derniers Solféges de Cherubini et les Solféges d'Italie. Ces excellentes leçons de Durante, de Porpora, de Léo: etc., n'avaient d'autres accompagnements que la basse chiffrée M. Édouard Batiste a réalisé toutes ces basses et doté ce beau livre rien accompagnement de piano, écrit de main de maitre.
Enfin, on remarque encore, parmi les ouvrages élémentaires exposés par M. Bouge!, l'Abécédaire de Léopold Aymon; les tableaux des principes de musique de C. Kastner ; le Solfége de Rodolphe , grand format, musique typographiée, édition annotée par Panseron ; puis une édition de ce même Solfége, avec accompagnement de piano ou orgue , par Édouard Batiste.
Ce que les éditeurs des Solféges et des Méthodes du Conservatoire ont fait pour l'enseignement du piano et pour l'enseignement du solfége,ils l'ont fait aussi pour l'enseignement du chant.
Leur bibliothèque d'exposition nous offre les Quatre grandes Écoles du Chant, suivies à notre Conservatoire de musique depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Ces quatre écoles sont
4° La gran.de Méthode de chant du Conservatoire, rédigée pour servir de base à l'enseignement du chant dans cet établissement, par L. Cherubini, rapporteur ; Méhul, Gossec, Garat, Plantade, Langlé, Bicher et Guiehard, avec le concours de Guinguené, de l'Institut, et du professeur- chanteur italien Mengozzi.
2° La petite Méthode (pour le développement progressif de la voix) et la grande Méthode d'artiste de Mme Cinti-Damoreau.
3° L'Art du Chant, de G. Duprez , divisé en trois parties : Ire partie, Style lare et d'expression ; 2° partie, Style de grâce et d'agilité; 3° partie, Diction lyrique.
4° Le traité de l'Art du Chant, de Manuel Garcia fils, et les 340 exercices de vocalises de Manuel Garcia père.
De pareilles publications sont dispensées de tout commentaire; elles
ET Egs INSTRUMENTS DE MUSIQUE. 3e
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