Louis Armstrong

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Louis Armstrong (1901-1971)
L’impérial Satchmo est le maître incontestable de sa génération et
le premier soliste héroïque de l’odyssée du jazz. Des bateaux à
aubes jusqu’au scènes internationales, en passant par l’orchestre
d’Oliver, les Hot Five ou Hot Seven, et les All Stars new-yorkais, il y
a chez ce somptueux trompettiste un mystère non élucidé, une
originalité distincte sans être tout a fait descriptible, une transcendance
de chaque note et de chaque silence, un lyrisme à la fois
brut et raffiné qu’il est difficile d’expliquer. Le génie d’Armstrong -
et le mot n’est pas galvaudé - laisse des traces à jamais gravées
dans l’histoire musicale du peuple afro-américain. Après lui, il ne
sera plus possible d’aborder le jazz autrement. L’avènement de
Satchmo ouvre l’ère des solistes et désormais chaque instrumentiste
conscient de sa valeur n’aura cesse de vouloir se détacher du
lot et d’affirmer sa singularité.

Bix Beiderbecke (1903-1931)
Dans l’ombre des musiciens noirs de La Nouvelle-Orléans, se glisse
une jeune génération de blancs marginaux et fougueusement
désabusés, en rupture avec leur milieu d’origine et qui ne cachent
pas leur fascination pour la musique de jazz. Parmi cette jeunesse
bohème et sincèrement touchée par la grâce du New-Orleans se
détache un authentique personnage de légende : Bix
Beiderbecke, garçon tourmenté et dandy réservé, dévoré par un
absolu de perfection et victime de son propre mythe. Ce trompettiste
surdoué, sans pouvoir toutefois rivaliser avec l’impérial Louis
Armstrong, a permis aux jazzmen blancs de conquérir quelques
lettres de noblesse.
Tous les condisciples de Beiderbecke n’ont pas la même destinée
tragique, ni même son talent, mais on ne peut nier leur réel
engouement et leur honnêteté d’intention lorsqu’ils osent présenter
au grand jour leur première version d’un jazz New Orleans
soigneusement calqué sur les maîtres noirs.

Roy Eldridge (1911-1989)
Le grand trompettiste de l’époque
swing est assurément Roy Eldridge.
Celui que l’on surnomme «Little
Jazz» est capable de relever la
tête devant la position impériale
d’Armstrong. Virtuosité volontiers
nerveuse,presque fébrile, attaques
véhémentes, parfois rageuses et risquées,
prolixité du débit et grande
étendue du registre, Roy Eldridge
aime exhiber ses surprenantes et
exubérantes facilités techniques.

Dizzy Gillespie (1917-1993)
Trompettiste vertigineux, technicien
hors pair et théoricien impeccable, meneur
d’hommes respecté, chanteur réjouissant
et désopilant, scatteur spectaculaire,
Gillespie le drolatique a souvent été
opposé à Parker le pathétique, alors
que la comparaison n’a pas lieu d’être tant
leur communion spirituelle a su lier étroitement
leurs différences comportementales.
Plutôt que de miser sur la brièveté,
la dilapidation et la fulgurance, Gillespie
a préféré la longévité, la gestion et la
patience. Il y a plusieurs personnages
dans le facétieux Dizzy, à la fois virtuose
exigeant et chanteur délirant, innovateur
rigoureux et farceur malicieux. Lorsqu’il
apparaissait, on ne savait jamais vraiment
si l’on écoutait un clown ou un philosophe,
un bateleur ou un chercheur.
Arti




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