Trompette de guerre
Retour à l'index la-trompette.com«Trompette de guerre» et «trompette
des ménestrels» à la cour de Bourgogne
A partir de cette date, on constate une dissociation très nette des fonctions remplies par les deux types de trompettes. La trompette oblongue, qui ne donnait que les partiels, fut utilisée à la cour et à la guerre. La trompette à coulisse fut adoptée par la haute musique, que cela enrichit considérablement, puisque cet instru-ment, devenu chromatique, ne se contentait plus de jouer de simples bourdons.
A la cour de Bourgogne, cette distinction devient frappante à partir de 1422. Sous Philippe le Hardi déjà, il y avait, en 1404, un joueur de «trompette de guerre». Sous Philippe le Bon (1396-1467), quatre de ces ins-trumentistes furent au service de la cour à dater de 142o, ainsi que quatre «ménestrels» et un «harpeur». En 1422, un nouvel instrument fut adjoint à ce corps de musique: la «trompette des ménestrels». Pendant un demi-siècle, ces deux types de trompettes figurèrent parallèlement dans les documents officiels, et l'on remarque qu'à de rares exceptions près il y avait toujours de quatre à six joueurs de «trompette de guerre», mais, avec une seule exception, un seul joueur de «trompette des ménestrels», plus les ménestrels corres-pondants. Nous ne risquons guère de nous tromper en supposant que les «trompettes de guerre» étaient un ensemble de trompettes à quatre à six voix, ne donnant que les partiels, et que les «ménestrels» étaient une haute musique comportant une trompette à coulisse.
La haute musique et l'apparition du trombone
Vers 143o, un anonyme fit un tableau qui représente une basse-danse à la cour de Bourgogne. On y voit non seulement le duc lui-même, mais aussi, sur le côté gauche, la haute musique, composée d'une bombarde alto, une bombarde ténor et une trompette à coulisse, en forme de S (voir p. 78).
Comme le cérémonial de cette cour était imité par toute l'Europe, ces ensembles de haute musique ne tardèrent pas à se généraliser. Peu après, on découvrit la double coulisse, de sorte que, de la trompette à cou-lisse, naquit le trombone (qui continue cependant parfois d'être appelé «trompette» dans les textes). On le rencontre pour la première fois vers 1450, en compagnie de trois bombardes, sur le tableau célèbre qui représente la noce dite d'Adimari, à Florence. En Italie, la haute musique fut à son apogée durant la seconde moitié du XVe siècle. En Espagne et au Portugal, cette formation resta en faveur jusqu'au milieu du XVIe. Lors des fêtes du mariage de Philippe II d'Espagne, futur roi de ce pays, on put entendre, le 17 novembre 1543, une haute musique composée de quatro trompetillas bastardas y seis menestriles; une autre fois, une source parle de quatro menestriles y quatro trompetas bastardas. Sur des couronnements de la Vierge peints au Portugal au milieu du XVIe siècle, cet ensemble composé de plusieurs bombardes et d'un trombone revient très fréquemment..
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