Trompette à coulisse

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Jusque très avant dans l'époque baroque, la trompette à coulisse fut l'instrument de prédilection des veilleurs. La raison de ce choix est qu'au cours des Xr et XVI' siècles, ils avaient vu s'ajouter à leur simple devoir de veiller celui de sonner les heures. Comme nous l'avons vu, il y a eu bien avant cette époque des veilleurs utili-sant des cornes d'animaux. C'est en Flandre, à la fin du XIII' et au XIV' siècle qu'il est attesté pour la pre-mière fois que des trompettes soient nommés à cette fonction. G8rlitz nomma en 1376 un trompette veilleur de nuit.
Nous sommes bien renseignés en ce qui concerne la ville de Bâle. Là aussi, l'office de veilleur sonnant du cor remonte au moins au début du XIVe siècle. En 1429, les veilleurs qui s'acquittaient de leur mandat du haut de la tour de l'église Saint-Martin disposaient de trompettes. En 1497, le Conseil de la ville exigea qu'ils en jouent à deux voix «toutes les nuits et tous les matins». A cette époque, il y avait cinq de ces veilleurs: deux à la cathédrale, deux à Saint-Martin et un dans le quartier de rive droite appelé Petit-Bâle. En isxi, dans son livre publié à Bâle et intitulé Musica getutscht, Sebastian Virdung reproduisit un «Thurner Horn» en forme de S, instrument qui ne peut être qu'une trompette à coulisse.
Un extrait du «Serment des trompettes du guet» de Bâle, datant de la première moitié du XVI' siècle, montrera combien Bâle était exigeante à l'endroit de ses veilleurs:
Les trompettes... doivent jurer de monter dans les tours tous les jours, le soir... et, au clocher de la cathédrale, de faire sonner les cloches de nuit, puis, aussitôt, de jouer de leurs instruments et ensuite de faire sonner la petite cloche pendant la moitié d'un quart d'heure. Et de ne laisser monter personne dans les tours, mais d'y rester... en hiver jusqu'à six heures du matin et en été jusqu'à cinq heures. Et de jouer tous deux... le soir et le matin, à l'aube, pendant une durée convenable... quatre ou cinq airs appropriés. Et de jouer en se postant des deux côtés du clocher...
On voit que les veilleurs ne pouvaient pas se simplifier la tâche, puisqu'on exigeait d'eux quatre ou cinq «airs appropriés» d'une «durée convenable». Si un veilleur négligeait d'annoncer ainsi le jour ou la nuit, il «perdait irrévocablement le salaire d'une semaine». Les veilleurs des diverses tours ne devaient pas jouer tous ensemble, mais les uns après les autres. Quand les cloches «du guet et de la porte» sonnaient, le veilleur devait «l'annoncer avec la trompette, correctement et de façon intelligible, avant et après minuit».
Ils intervenaient également lors des festins: «Tous les dimanches, après midi, quand une heure a sonné», ils devaient «jouer et servir au tribunal ou à tout autre endroit où les autorités ont accoutumé de prendre leur repas et où l'on a besoin d'eux».
Une des tâches particulièrement importantes des veilleurs était de prévenir les incendies et les attaques:
et s'ils sentaient ou voyaient un feu s'allumer en ville, ce dont il plaise à Dieu de nous garder en tout temps, et si ledit feu ne s'éteignait pas, ils doivent... sonner l'alarme, et si le feu menace les maisons, ils doivent carillonner... en veillant à ce que l'on ne touche pas aux cloches réservées à l'annonce des attaques, qui ne doivent être utilisées que dans ce cas précis.
En outre, ils n'avaient pas le droit de quitter la ville sans congé. En temps de guerre, ils devaient «servir le Conseil, de jour dans les clochers ou sur les champs de bataille». S'ils voulaient se démettre de leur charge, ils devaient l'annoncer au Conseil un trimestre d'avance; en quittant le service de la ville, ils devaient à nouveau prêter serment.
Des devoirs semblables étaient également prévus dans d'autres villes. A Lübeck, il semble qu'en 1474 l'instrument du veilleur ait été non pas la trompette à coulisse mais une Klaritte («clareta»). Dans cette ville, le service commençait à quatre heures du matin par le jeu d'un choral, car c'était l'heure où les valets se rendaient au travail. D'autres chorals suivaient pour indiquer la pause de midi, vers dix ou onze heures, la reprise du travail à midi et la fin de la journée à vingt et une heures.





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