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Retour à l'index la-trompette.comLes groupements de musiciens dans les villes
Comme au bas Moyen Age, on observe au XVe siècle un processus par lequel les musiciens deviennent peu à peu sédentaires et des groupements (Stadtpfeifereien et autres confréries) se créent à l'échelon local ou régional. Comme exemples typiques de ces dernières, citons la confrérie fondée vers 1400 dans la région de Mayence, celle des «gens itinérants, vielleux et joueurs d'instruments à vent» créée en 1047 à Uznach (Suisse) et la Confrérie des ménestriers fondée à Zurich en 143o. En 1469, Edouard IV d'Angleterre décréta que ses minstrels bénéficieraient de la même protection juridique que le reste de la population.
Il ne nous est pas expressément dit que des joueurs de trompette aient été membres de ces confréries, mais cela ne fait aucun doute; preuve en soient les statuts de la Confrérie du Wurtemberg, fondée à Stuttgart en 1458, statuts par lesquels il était «confirmé aux trompettes, fifres et joueurs de luth... que leur société était constituée».
Entre ces organismes et les corps de trompettes des cours, dont nous aurons à reparler, il existait une différence fondamentale: les trompettes de cour ne jouaient en principe que d'un seul instrument, la trompette précisément, ou bien, s'ils en pratiquaient un autre, elle était cependant leur instrument principal. Les musiciens de ville, en revanche, devaient pouvoir jouer d'une demi-douzaine d'instruments, dont parfois la trompette.
Par suite de ces associations locales ou régionales, la situation des musiciens s'améliora. En particulier, ils cessèrent d'être «non honorables» et purent désormais participer aux sacrements. Leurs droits et devoirs furent clairement définis et ils furent protégés contre les musiciens venus d'ailleurs, sur leur territoire, on serait presque tenté de dire: leur chasse gardée. D'autre part, la fixation des règles de la formation vint accroître le prestige de la corporation.
Formation professionnelle et devoirs des trompettes de ville
Après avoir apporté la preuve de sa naissance «honorable», l'apprenti recevait une lettre d'engagement fixant la durée de son apprentissage; il devait, de son côté, promettre de servir avec zèle celui qui l'initierait. La durée de l'apprentissage variait, d'une région à l'autre, de deux à cinq ans. Pendant ce laps de temps, l'apprenti étudiait divers instruments; aux XVe et XVIe siècles,
par exemple, c'étaient le cornet à bouquin et le trombone, la flûte et la bombarde, mais également la trom-pette. Après avoir passé un examen, il recevait un certificat de fin d'apprentissage et devenait libre de s'engager comme compagnon. Au bout de son compagnonnage, dont la durée variait également d'un lieu à l'autre, il devenait maître. Il avait alors le droit de former des élèves à son tour.
Sonner les heures faisait parfois partie des devoirs des musiciens de ville, bien que, nous l'avons vu, le veilleur fût généralement titulaire d'un poste entièrement distinct du leur. Une de leurs obligations essentielles était en revanche de jouer lors des séances du conseil et du tribunal, ainsi qu'à l'église.
A Bologne, la société locale des musiciens, appelée Concerto Palatino della Signoria, est issue du groupe' des huit trompettes de ville. Le premier élargissement de ce groupe eut lieu en 1417: on engagea trois piffari et un naccarino (timbalier); en 1442, un luthiste et un harpiste s'y joignirent. Mais c'est en I 533 que le Concerto Palatino proprement dit prit corps: les huit trompettes furent séparés des piffari, qui, à cette date, étaient au nombre de huit également, du harpiste et du luthiste. Les instruments des piffari étaient le cornet à bouquin, le trombone et, parfois, un instrument à cordes. Deux ordonnances, de 1508 et1573 respectivement, énumèrent les obligations de ces deux groupes de musiciens. Ils devaient travailler tous les jours dans une pièce spécialement destinée à cet usage. Le matin et le soir, avant et après les repas, ils donnaient un concert à la ringhiera, loge du premier étage du Palazzo Pubblico, qui se trouve Piazza Maggiore. Les jours de grande fête, ils jouaient à l'église, les trompettistes d'abord, puis les cornettistes et les trombonistes. C'est de cette obligation de jouer pour introduire la messe qu'est issu l'usage, qui a commencé durant la seconde moitié du XVIIe siècle, d'exécuter une sonate ou sinfonia pour trompette et cordes au début des offices. En outre, les musici et trombetti devaient accompagner le conseil de la ville pendant ses entrées et sorties. Au cours des banquets, ils devaient annoncer chaque plat en musique.
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