sonate

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Nous ne savons pas exactement quelle sorte de musique les trompettistes bolonais du XVI' siècle pouvaient jouer; on suppose cependant qu'elle ressemblait aux «sonates» des trompettistes de la cour du Saint-Empire, dont nous parlerons plus loin. Quant aux cornettistes et aux trombonistes, ils jouèrent tout d'abord des transcriptions de musique vocale (dans un cas, il est question d'un motet); plus tard, ils puisèrent certainement dans les canzones, genre musical très en faveur et que les maîtres vénitiens Andrea et Giovanni Gabrieli portèrent à sa perfection.
Notons à ce propos que, contrairement à une opinion répandue, les Gabrieli n'écrivirent pas leurs canzones pour la trompette. De nos jours, ces pièces constituent la base du répertoire de nombreux ensembles de cuivres et se jouent sur des instruments modernes: trompettes à pistons et trombones. A l'époque, cependant, les auteurs de canzones demandaient un jeu chromatique, donc le cornet à bouquin et non la trompette, puisque celle-ci était encore esclave de l'échelle
harmonique. (Le cornet à bouquin était un instrument en bois recouvert de cuir, courbe, à trous et dont la. petite embouchure était d'un type voisin de celle de la trompette.)
Le Concerto Palatino subsista jusqu'en 1779. Dès les dernières années du XVI' siècle, cependant, les orchestres d'église, et surtout celui de la basilique San Petronio, lui firent concurrence, de sorte que ce groupe avait déjà dépassé l'apogée de sa gloire aux environs de 163o.
Notons encore que les piffari bolonais portent dans le dialecte local le nom de zalamella, qui signifie «chalumeau» ou bombarde, et que nous retrouvons en portugais sous la forme charamela. Au XVI' siècle, la charamela real de Lisbonne se composait de bombardes et d'un trombone; c'était donc une haute musique de cour. Mais à la fin du XVIII', comme nous le verrons, ce nom fut donné au corps royal de trompettes de ce pays, qui se composait de vingt-quatre trompettes et de quatre timbales.
Les trompettes de cour
Au cours du XVe et du XVI' siècle, les joueurs de trompette furent de plus en plus chargés de contribuer au prestige de leur employeur. Ils furent d'ailleurs de plus en plus nombreux à entrer au service des princes. On peut dire que plus un noble de la Renaissance avait de trompettes à sa cour, plus il tenait à faire étalage de sa puissance.
Quelques chiffres montreront à quel point cela était vrai. Le roi d'Angleterre commanda à Jorg Stengel, dit Neuschel, facteur de Nuremberg, une série de trompettes; on sait que la cour d'Angleterre disposait de seize trompettes à partir de 1514 et de vingt-six en 161o. Les débuts du corps de trompettes de la cour danoise remontent au couronnement de Christian Ier, en 1449. Après 153o, quinze trompettes et timbaliers sont attestés dans ce pays; ils étaient vingt-trois lors du couronnement de Christian IV, en 1596, et les seigneurs venus d'Allemagne s'étaient fait accompagner de trente et un autres trompettes, dont dix pour la seule ville de Dresde. Le cérémonial de la cour de France, publié en 1619, signale que l'on sonna de la trompette lors des cérémonies royales entre 1467 et '594.
Un an avant la mort de Maximilien Pr (1518), il y, avait treize trompettes et deux timbaliers à la cour impériale d'Innsbruck. Si l'on songe à l'éclat de cette cour, on est d'autant plus choqué d'apprendre que l'on «oubliait» souvent de payer les trompettes, et en particulier de les dédommager de leurs frais de voyages et de campagnes militaires. Le cas de Jakob Seidemann, veilleur d'Innsbruck, est particulièrement affligeant: dans une réclamation de 1497, il écrit que son traitement ne lui a pas été versé depuis... dix-neuf ans! De toute évidence, il avait vécu dans une misère noire. A la cour d'Espagne, il semble que dix trompettes aient été en fonctions; ce chiffre est mentionné en 1548 et 1549, à propos d'un voyage que fit le prince Philippe II, le futur roi, à travers l'Italie, les Flandres et l'Allemagne.
ainsi qu'en 1552. En 1582, vingt trompettes étaient au service de l'empereur Rodolphe II; en 1594, ils étaient vingt-sept. A la cour des ducs de Bavière, à Munich, il y avait douze trompettes en 1513; à l'époque de Roland de Lassus (1568-1594), ce nombre oscillait entre six (en 1589) et quinze (de 1569à 1571), la moyenne étant de dix.





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