véritable vivier musical

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Son orchestre constituait un véritable vivier musical, et I ligies donnait systématiquement leur chance à de jeunes musiciens, les encourageant à se lancer, non seulement comme solistes, mais aussi en proposant des arrangements. C'est ainsi qu'une part non négligeable de ses musiciens en écrivit d'excellents. "Etant dans l'impossibilité d'engager des musiciens de renom, expliqua-t-il, je travaillais pour un homme qui ne désirait pas dépenser beaucoup d'argent, j'étais donc clans l'obligation de former moi-même mes musiciens. Si ceux-ci ne m'abandonnaient pas, c'est parce qu'ils savaient que j'étais capable de leur donner un excellent bagage musical. Comme, en général, ils étaient doués, il leur était facile d'acquérir rapidement confiance et habileté (...) Il m'arrivait de laisser mes hommes se débrouiller seuls pendant que j'allais dans la salle pour voir si ce qu'ils jouaient me plaisait."(1)
Entre 1932 et 1934, par exemple, on trouvait dans la formation d'excellents solistes, tels que le trompettiste Walter Fuller, George Dixon, multi-instrumentiste, le tromboniste Trumy Young, le saxophoniste Budd Johnson. Sans compter deux musiciens qui faisaient figure d'hommes d'expérience : le clarinettiste Orner Simeon, et Darnell Howard, qui se partageait entre la clarinette, le saxophone et le violon. Trummy Young, qui devint un des trombonistes des plus réputés fut ainsi "découvert" par !urnes : "Sur les conseils d'un ami, j'allais l'écouler et décidai aussitôt de l'engager. Malheureusement, il y avait un empêchement mon orchestre était déjà au complet, Trummy Young et sa lemme n'étalent pas contents cal ils pensaient que 
n'étais pas intéressé". Ix manager de l'orchestre n'accepta pas de payer ce musicien supplémentaire et Hines sortit de NU poche le salaire de Young "Comme je l'avais déjà fait pour Jimmy Mundy", précisa-t-il.
Trummy Young devint une vedette, et Jimmy Mundy un arrangeur très sollicité, mais l'entreprise Hines ne comporta pas que des musiciens amenés à connaître le succès, et, parmi les obscurs, citons Cecil Irwin, qui, selon Hines, aurait mérité d'être beaucoup plus connu : il "était considéré comme un musicien d'avant-garde. C'est lui qui se chargeait de tous les arrangements. Mundy se mit à travailler en sa compagnie et, en passant, lui faucha quelques idées. Un grand nombre de chefs d'orchestre, en particulier Benny Goodman, venait très souvent écouter l'orchestre et portait grande attention à ses arrangements. Benny était persuadé qu'ils étaient l'oeuvre de Mundy (...) Quand il entra dans l'orchestre de Goodman en 1936, il avait acquis alors une renommée que n'eut jamais le pauvre Cecil Irwin. Cecil devait d'ailleurs connaître un destin tragique. Il périt dans un accident d'autobus." (1)
Il est vrai qu'au seul chapitre des arrangements la plupart des musiciens mettaient la main à la pâte (George Dixon, Lewis Taylor, Lawrence Dixon, Quinn Wilson, Budd Johnson).
Les disques enregistrés dans un tel contexte sont assez nombreux et sou-vent de grande qualité. Cavernism, composé et arrangé par Jimmy Mundy, est des plus connus. Hines raconta qu'il avait rencontré ce dernier A Washington et qu'il lui avait dit : "j'ai trois arrangements que je vous cède 5 dollars pièce". Je me méfiais, car tout le monde voulait nie vendre des airs et des arrangements. Mais Jimmy nie plaisait."
La version de Mundy est sensiblement différente : "Earl est venu à
Washington alors que je jouais dans un club avec un groupe. Comme l'endroit s'appelait Crystal Caverns, je jouais un air intitulé Cavernism." (2)
Le nouvel arrangement donna la vedette à la trompette de Walter Fuller, au violon de Darnell Howard et, hien sûr, au piano du maître.
Rosetta est le thème qu'on associe systématiquement à Earl Hines. Il fut composé par le pianiste et arrangé par Quinn Wilson (son contrebassiste). Rosetta était la petite amie du parolier William Henri Woode, elle "le tracassait tellement, dit Hines, qu'il n'arrivait pas à se concentrer sur ses arrangements. Nous avons écrit la chanson à Kansas City, où j'ai connu Woode, puis on est revenu à Chicago". Ce fui le grand tube de Earl Hines et la version du 12 septembre 1934 donnait la vedette au trompettiste Walter Fuller : "Il avait un style bizarre, dit llines, et c'est lui qui a fait vendre le disque".
HOT SAVOY
Tous les big bands n'avaient pas la réputation de celui de Earl Hines ou de Duke Ellington. Celui de Claude Hopkins ne fit jamais la une des journaux, mais, entre 1926 et 1940, il jouissait d'une grande popularité auprès du public de Harlem et il se produisit dans des clubs très côtés : le Savoy Ballroom, le Cotton Club, le Roseland Ballroom et le Coconut Grove.
Claude Hopkins, originaire de Washington D.C., comme Duke Ellington, était lui aussi issu d'une famille de Noirs aisée — ses parents étaient professeurs d'université —, lui-même fit des études supérieures, y compris de musique. Hopkins ne chercha pas à s'imposer comme novateur et préféra s'occuper de l'âme des danseurs. Au Satm, par exemple, dit Russell Procope, "beaucoup de gens n'allaient que pour danser et ne s'intéressaient pas heatic(Rip à ce que faisait l'orchestre." (3)





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